Naturalisation

    Comment demander la nationalité française ? Conditions et démarches (2026)

    Demande de nationalité française en 2026 : conditions, documents, délais, naturalisation, mariage, plateforme ANEF, coût et examen civique.

    Équipe Titres Français

    Publié le 14 octobre 2026

    5 min de lecture

    L’accès à la nationalité française dépend avant tout de la procédure applicable à chaque situation. Avant toute démarche, il convient d’identifier le fondement juridique correspondant (naissance/droit du sol, parent français, mariage, ou naturalisation), de réunir l’ensemble des justificatifs exigés et de vérifier que toutes les conditions légales sont remplies.

    Un dossier complet dès son dépôt permet généralement de limiter les demandes de pièces complémentaires et de faciliter son instruction.

    Nationalité française : définition

    La nationalité se définit comme le lien qui unit une personne à un État. Si certaines personnes deviennent françaises automatiquement en application de la loi, d’autres doivent accomplir une démarche auprès de l’administration. Le Code civil distingue ainsi plusieurs procédures, dont les conditions varient selon la situation du demandeur.

    Qu’est-ce que la nationalité française ?

    La nationalité française est le lien juridique qui unit une personne à l’État français et lui confère la qualité de Français.

    Elle ouvre notamment l’accès aux droits civiques (par exemple, le droit de voter aux élections présidentielles), à la protection diplomatique de la France ainsi qu’à l’ensemble des droits attachés à la citoyenneté française.

    Les différents modes d’acquisition de la nationalité sont principalement prévus par les articles 17 à 33-2 du Code civil, qui distinguent notamment l’attribution de plein droit de l’acquisition par déclaration ou par décret.

    Quelles sont les 4 modalités pour être de nationalité française ?

    Le Code civil prévoit plusieurs modes d’acquisition de la nationalité française. Les principales voies sont les suivantes :

    • La filiation (droit du sang) : l’enfant dont au moins l’un des parents est français acquiert, en principe, la nationalité française dès sa naissance, quel que soit son pays de naissance.
    • La naissance en France combinée à une résidence habituelle (droit du sol) : un enfant né en France de parents étrangers peut devenir français à sa majorité s’il remplit les conditions de résidence prévues par la loi. Une acquisition anticipée est également possible, sous certaines conditions, à partir de 13 ou de 16 ans.
    • La déclaration de nationalité en raison du mariage : un étranger marié à un ressortissant français peut acquérir la nationalité française par déclaration, sous réserve de satisfaire aux conditions légales, notamment celles relatives à la durée du mariage et au maintien de la communauté de vie.
    • La naturalisation par décret : cette procédure s’adresse aux étrangers majeurs résidant régulièrement en France qui remplissent les conditions fixées par le Code civil. Elle constitue le principal mode d’acquisition de la nationalité pour les personnes ne bénéficiant pas d’un autre fondement.

    Nationalité française : procédure

    Une fois le fondement juridique identifié, la procédure diffère selon qu’il s’agit d’une naturalisation par décret ou d’une acquisition par déclaration. Dépôt du dossier, documents à fournir, autorité compétente, délais d’instruction, conditions de ressources ou encore maîtrise de la langue française : chaque étape répond à des règles précises qu’il convient de connaître avant d’engager sa demande.

    Comment faire une demande de nationalité française en ligne ?

    Pour une naturalisation par décret, la demande se dépose exclusivement en ligne sur NATALI, le téléservice national intégré à l’administration numérique des étrangers en France (ANEF), et non sur le site de l’ANTS, qui gère uniquement les cartes grises, permis de conduire et passeports.

    Après création d’un compte personnel, un simulateur permet d’établir la liste des documents à fournir selon la situation du demandeur, avant de les téléverser en version numérisée. L’espace personnel sur NATALI permet ensuite de suivre l’avancement du dossier en temps réel, de recevoir les demandes de pièces complémentaires et d’être notifié de chaque décision.

    En revanche, cette dématérialisation ne concerne pas les procédures par mariage, par ascendant ou par frère et sœur de Français, qui restent des démarches déclaratives déposées selon des modalités distinctes, en préfecture ou au consulat pour les personnes résidant à l’étranger.

    Qui décide d’accorder la nationalité française ?

    Selon la procédure concernée, l’autorité compétente n’est pas la même.

    La naturalisation est accordée par décret pris au nom du Gouvernement après instruction du dossier par l’administration compétente.

    En revanche, les acquisitions par déclaration (notamment par mariage) sont enregistrées par l’autorité compétente (préfet) lorsque l’ensemble des conditions légales est rempli.

    Si ces conditions ne sont pas remplies ou si une opposition est envisagée, le dossier est transmis au ministre chargé des naturalisations.

    Dans tous les cas, l’administration vérifie notamment la régularité du séjour, l’assimilation à la communauté française et l’absence de motifs d’irrecevabilité ou d’opposition prévus par les textes.

    Quels documents fournir pour une demande de nationalité française ?

    La liste précise des papiers pour demander la nationalité française dépend du motif et de la situation personnelle, mais un socle revient systématiquement :

    • passeport et titres de séjour successifs ;
    • actes d’état civil traduits (et parfois légalisés ou apostillés selon le pays d’origine*) ;
    • justificatifs de résidence sur les cinq dernières années ;
    • justificatifs de ressources et avis d’imposition ;
    • casier judiciaire du pays d’origine ;
    • attestation de niveau de français ;
    • et attestation de réussite à l’examen civique depuis 2026.

    Le simulateur disponible sur le site officiel permet d’obtenir une liste personnalisée avant le dépôt, ce qui évite la plupart des demandes de compléments qui allongent l’instruction.

    *Les actes d’état civil étrangers doivent, selon les États concernés, être légalisés ou revêtus de l’apostille lorsqu’un accord international n’en dispense pas. Les documents rédigés en langue étrangère doivent être accompagnés d’une traduction réalisée par un traducteur habilité lorsque la réglementation l’exige.

    La production de documents incomplets ou irréguliers constitue l’une des principales causes de demande de pièces complémentaires.

    Combien de temps faut-il pour obtenir la nationalité française ?

    L’administration dispose officiellement de 18 mois à compter de la délivrance du récépissé de dossier complet pour statuer sur une demande de naturalisation par décret, ce délai étant réduit à 12 mois pour les personnes résidant en France depuis au moins 10 ans.

    Un report unique de 3 mois reste possible, à condition d’être justifié.

    Mais, en pratique, les délais réels sont souvent plus longs, en particulier dans les préfectures les plus sollicitées, où l’instruction complète peut s’étendre bien au-delà de 18 mois compte tenu du volume de dossiers et des vérifications approfondies.

    Comment se déroule l’instruction d’une demande de naturalisation ?

    Une fois le dossier déclaré complet, l’administration procède à son instruction, cela signifie qu’elle vérifie notamment la régularité du séjour, la stabilité de la résidence en France, l’insertion professionnelle, la maîtrise de la langue française, le respect des principes de la République ainsi que le comportement général du demandeur.

    Un entretien individuel peut être organisé afin d’apprécier ces différents éléments. Si des pièces complémentaires sont nécessaires, leur production est demandée au cours de l’instruction, ce qui peut prolonger les délais de traitement.

    Nationalité française par mariage : conditions et démarche

    La nationalité française par mariage n’est pas une naturalisation à proprement parler, mais une acquisition par déclaration, prévue par l’article 21-2 du Code civil.

    Le conjoint étranger d’un Français peut souscrire cette déclaration après 4 ans de mariage, à condition que la communauté de vie affective et matérielle n’ait pas cessé.

    Ce délai est porté à 5 ans si le couple n’a pas résidé en France de manière continue pendant au moins 3 ans à compter du mariage.

    Comme pour la naturalisation par décret, une connaissance suffisante du français est exigée, avec un niveau désormais relevé à B2 depuis 2026.

    Le dossier doit inclure :

    • l’acte de mariage ;
    • des justificatifs de vie commune (bail commun, factures, avis d’imposition commun) ;
    • l’acte de naissance traduit du demandeur ; et une attestation de niveau de langue.

    La déclaration est enregistrée par le ministère chargé des naturalisations, qui peut s’y opposer en cas de défaut d’assimilation ou de fraude.

    Questions fréquentes

    Depuis le 1ᵉʳ mai 2026, une demande de nationalité française est soumise à un droit de timbre de 255 euros*, qu’il s’agisse d’une naturalisation, d’une réintégration ou d’une déclaration d’acquisition de la nationalité (notamment par mariage). Ce montant doit être acquitté en ligne avant le dépôt du dossier.

    *À noter que le montant a changé plusieurs fois en quelques mois, il peut donc encore évoluer.

    Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (loi du 26 janvier 2024), les conditions d’accès à la nationalité française sont renforcées. Le niveau de français exigé passe de B1 à B2 pour la naturalisation par décret et la déclaration par mariage. Un examen civique obligatoire est également instauré pour les premières demandes de naturalisation afin d’évaluer la connaissance des valeurs de la République et des institutions françaises.

    Non. Un CDI n’est pas une condition légale pour obtenir la nationalité française. L’administration apprécie avant tout la stabilité et le caractère suffisant des ressources du demandeur. Un CDD ou une mission d’intérim peuvent donc être pris en compte, mais une situation professionnelle jugée trop précaire peut justifier un refus pour insuffisance d’insertion professionnelle.