Pour étudier durablement en France, un étudiant étranger ressortissant d’un pays tiers doit disposer d’un document l’autorisant à y séjourner. Selon sa situation, il peut s’agir d’un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) ou d’une carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant ».
Quelles sont les conditions pour obtenir une carte de séjour étudiant en 2026 ? Quel montant de ressources faut-il justifier ? Quels documents fournir et combien coûte le titre ? Voici les règles essentielles à connaître pour préparer son dossier.
Qu’est-ce que la carte de séjour étudiant ?
La carte de séjour étudiant se définit comme un titre délivré à un étranger qui suit des études en France, elle se distingue du VLS-TS étudiant.
La carte de séjour étudiant, définition
La carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant » est délivrée à l’étranger qui suit un enseignement ou des études en France et dispose de moyens d’existence suffisants. Prévue par l’article L. 422-1 du CESEDA, elle est délivrée pour une durée maximale d’1 an.
Elle permet également d’exercer une activité professionnelle salariée à titre accessoire, dans la limite de 60 % de la durée annuelle du travail, soit en principe 964 heures par an.
VLS-TS ou carte de séjour étudiant : quelle différence ?
Le VLS-TS étudiant est un visa de long séjour qui vaut lui-même titre de séjour pendant sa durée de validité, une fois correctement validé en ligne sur la plateforme de l’ANEF.
- Un étudiant arrivé en France avec un VLS-TS étudiant n’a donc normalement pas à demander immédiatement une carte de séjour : il doit d’abord valider son visa dans les 3 mois suivant son arrivée.
- La carte de séjour étudiant constitue un titre distinct. Elle peut notamment intervenir à l’expiration du document permettant déjà le séjour ou dans certaines situations particulières prévues par le CESEDA.
Cette distinction est importante : avoir besoin d’un titre de séjour ne signifie pas nécessairement devoir demander une carte dès l’arrivée en France.
Quelles sont les conditions pour obtenir une carte de séjour étudiant ?
L’article L. 422-1 du CESEDA pose principalement deux conditions :
- suivre effectivement des études en France ;
- et disposer de moyens d’existence suffisants.
Suivre des études ou un enseignement en France
Le demandeur doit justifier qu’il suit un enseignement ou des études en France.
L’inscription dans un établissement constitue donc un élément essentiel du dossier.
La réalité et le sérieux des études peuvent également être pris en compte par l’administration, particulièrement lorsque celle-ci dispose déjà d’éléments sur le parcours universitaire de l’intéressé.
Justifier de ressources suffisantes
Les règles ont changé en 2026. Depuis le 1er août 2026, l’article R. 422-2 du CESEDA prévoit que l’étudiant doit justifier de moyens d’existence mensuels correspondant au minimum à 47 % du SMIC mensuel brut applicable au jour du dépôt de la demande.
Avec le SMIC applicable au mois d’août 2026, ce seuil représente environ 877,50 euros par mois.
Le montant n’est toutefois plus figé : puisqu’il est calculé en pourcentage du SMIC, il évoluera en cas de revalorisation de celui-ci. Il convient donc de vérifier le seuil applicable à la date exacte du dépôt.
Existe-t-il une dispense de justificatif de ressources ?
Il existe une dispense de justificatif de ressources dans une situation
L’article L. 422-2 du CESEDA prévoit un régime favorable pour l’étranger qui a satisfait aux épreuves d’un concours d’entrée dans un établissement d’enseignement supérieur ayant conclu une convention avec l’État.
Lors de sa première admission au séjour, la carte peut alors lui être délivrée sans que lui soient opposées les conditions relatives aux moyens d’existence et, dans les conditions prévues par le texte, à la détention préalable d’un visa de long séjour.
Il s’agit d’une exception au régime de droit commun et non d’une possibilité générale de demander une carte étudiant après une entrée en France sans visa adapté.
Comment faire une demande de carte de séjour étudiant ?
Pour formuler une demande de carte de séjour étudiant, il convient de se connecter à la plateforme en ligne dédiée et de préparer, en amont, les documents à fournir communs à toutes les demandes afi de gagner du temps. Il faut avoir à l’esprit qu’une telle demande à un coup.
Une demande en ligne : l’ANEF
Les demandes relevant de la procédure dématérialisée sont effectuées sur l’ANEF, l’Administration numérique pour les étrangers en France.
Le demandeur doit remplir sa demande en ligne et transmettre les justificatifs exigés. Il peut ensuite suivre l’avancement de son dossier depuis son espace personnel.
Lorsqu’un étudiant dispose déjà d’un document de séjour et demande un titre relevant de la téléprocédure, l’article R. 431-5 du CESEDA prévoit en principe un dépôt entre le 120e et le 60e jour précédant l’expiration de son document de séjour.
Il est donc préférable d’anticiper la démarche plutôt que d’attendre les dernières semaines de validité du document détenu.
Quels documents fournir pour une carte de séjour étudiant ?
Les justificatifs à transmettre dépendent de la situation du demandeur. Néanmoins, le dossier comprend notamment des documents permettant de justifier :
- son identité et sa nationalité ;
- la régularité de son séjour ;
- son domicile en France ;
- son inscription ou la poursuite de ses études ;
- ses ressources au niveau exigé ;
- et, lorsque cela est nécessaire, sa situation familiale ;
- une photographie d’identité dématérialisée conforme aux exigences de la téléprocédure peut également être demandée.
La liste exacte doit être vérifiée au moment du dépôt sur l’ANEF, car elle dépend de la situation individuelle du demandeur.
Combien coûte une carte de séjour étudiant en 2026 ?
Depuis le 1er mai 2026, le régime fiscal des titres de séjour a été modifié par la loi de finances pour 2026.
Pour la première délivrance d’une carte fondée notamment sur l’article L. 422-1 du CESEDA, la taxe est désormais fixée à 100 euros.
Pour le renouvellement des titres bénéficiant de ce tarif réduit, elle est fixée à 50 euros.
Ces montants résultent de l’article L. 436-1 I., du CESEDA dans sa rédaction applicable depuis le 1er mai 2026.
Que faire en cas de refus de carte de séjour étudiant ?
La préfecture peut refuser la délivrance de la carte lorsque les conditions légales ne sont pas remplies.
La décision doit être examinée attentivement, notamment pour déterminer si le refus est accompagné d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Les voies et surtout les délais de recours ne sont pas nécessairement identiques selon la décision notifiée. Il convient donc de se référer aux voies et délais de recours mentionnés dans la notification et, lorsque les conséquences sur le séjour sont importantes, de solliciter rapidement une procédure en référé.
Questions fréquentes
Lorsqu’un étudiant dispose déjà d’un document de séjour et que sa demande relève de l’ANEF, elle doit en principe être présentée entre quatre et deux mois avant l’expiration de ce document.
Oui. Les ressortissants algériens relèvent principalement de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui organise un régime particulier de séjour. Ils peuvent notamment relever d’un certificat de résidence portant la mention « étudiant ».
Il est possible de travailler avec une carte de séjour étudiant. Le titulaire d’une carte de séjour étudiant est autorisé à exercer une activité salariée à titre accessoire dans la limite de 60 % de la durée annuelle du travail. Cette limite correspond généralement à 964 heures par an. Le travail doit rester accessoire aux études : le titre « étudiant » n’a pas pour objet principal de permettre l’exercice d’une activité professionnelle à temps plein.
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